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  • Mar 30 Oct 2012
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L’AFRIQUE A-T-ELLE UNE CHANCE ?
par : ROSKA FOUNDATION

CONVULSIONS POST DEMOCRATIQUES EN AFRIQUE ET DEFIS D’INTEGRATION DANS L’HISTOIRE : L’AFRIQUE A-T-ELLE UNE CHANCE ? REFLEXION ET CONTRIBUTION CHRETIENNES.

A l’entame d’une esquisse de réponses à la problématique ci-devant manifeste, il me paraît opportun de faire une sorte de prolégomènes pour bien faire comprendre l’esprit et la finalité de notre aventure, a posteriori prosélyte, sur le terrain de la pensée scientifique : je suis africain d’origine, panafricaniste de conviction et contrairement aux  thèses afro pessimistes, j’ai une foi en l’avenir de la terre de Cham, une foi en son originalité culturelle et de son apport décomplexé à la civilisation de l’universel, en ses énormes potentialités naturelles et humaines. Et du fait de ses attributs de berceau de l’humanité et de l’écriture, en sa vocation ontologique de civilisation de référence. En dépit de la lecture malheureusement récurrente que nous offre la trame d’un continent faite de guerres, de famines, de "pathologies tropicales" et autres réalités morbides qui semblent en être son apanage et sa particularité congénitale. Ma présente contribution se veut une perspective heuristique à travers un regard croisé à la fois de ma modeste formation intellectuelle et de ma foi chrétienne sur la dynamique de l’histoire des sociétés africaines en tant qu’entité à la fois politique et sociale confrontée aux défis démocratiques, aux défis de la mondialisation et aux défis d’une identité de soi et de prospérité des peuples. Ma contribution se veut aussi, à titre personnel, comme l’occasion d’opérer une sorte de catharsis : parler, dit-on libère. Et je veux, en parlant des maux de mon continent et des perspectives de son émergence, extérioriser et sublimer toute la charge de frustration consécutive au regard sur ses dérives. Je veux partager ma conviction que l’Afrique est encore anonyme parce que l’Afrique manque de leadership. Et cette déficience ne peut s’expliquer que par l’absence du divin dans l’action politique. A terme, j’espère susciter un débat, celui de l’intelligentsia chrétienne africaine, restée à mon avis trop amorphe, trop laconique et trop à la périphérie sur les questions nationale et continentale. Un débat que je souhaite contradictoire, tant il est vrai, comme le dit Bachelard que la science, donc la quête de la vérité, évolue par contradictions surmontées.

                         1. De la nécessité de la pensée chrétienne

Peut être que pour les fondamentalistes et autres obédiences orthodoxes chrétiens, ma démarche pourra peut-être provoquer une levée de boucliers car il n’est pas coutumier, surtout en Afrique, dans un environnement qui se veut stricto spirituel et réservé, qu’émerge la pensée chrétienne. Le concept en lui-même, pourrait a priori poser problème et il nous faut en expurger certains barbelés terminologiques pour ne pas paraître hérétique et susciter inutilement des soupçons sur notre foi: en effet, comment saisir une symbiose dynamique à travers des schèmes intellectuels entre la pensée (humaine) et ce qui fait l’essence même de la vie chrétienne c’est-à-dire la foi, qui plus est, en un être transcendantal ?Je ne ferai pas appel pour me défendre à d’autres penseurs chrétiens qui ont bien avant moi engagé cette voie : Saint Augustin, Erasme, Blaise Pascale dont le livre Pensées reste un classique et une œuvre de référence ; Emmanuel Kant, le philosophe à la morale pure dont la fameuse « Agis toujours de telle sorte que la maxime de ton action puisse être érigée en loi universelle de la nature » est devenue proverbiale, Kierkegaard…Je ferai tout simplement référence à la Référence, c’est-à-dire la Bible. J’aime parfois titiller des frères dans la foi en leur disant que toute la Bible est sacrée et utile (2 Timothée 3 :16) : Dieu a inspiré le décalogue pour nous signifier qu’Il est Dieu de lois et de préceptes ; les livres prophétiques pour nous dire qu’il est le Dieu d’avertissements et de révélations ; les évangiles pour nous présenter Jésus, les épîtres pour donner une assise à notre foi…mais il a aussi inspiré Proverbes et Ecclésiaste, véritables traités de sagesse divine et d’invite à la réflexion !

 La gloire de Dieu, c’est de cacher les choses, la gloire des rois c’est de sonder les choses  Pr 25 :2

Au jour du bonheur sois heureux et au jour du malheur, réfléchis : Dieu a fait l’un comme l’autre afin que l’homme ne découvre en rien ce qui sera après luiEcclésiaste 7 :14

La pensée chrétienne se veut donc une alchimie cognitive entre les données empiriques et dynamiques de l’Histoire et le logos de l’Essence même de l’Histoire. Elle est non seulement nécessaire mais elle est même une injonction divine à honorer. Car la voix de l’Eglise et de son intelligentsia me paraît trop aphone devant les problèmes contemporains : les questions liées à l’environnement, à l’homosexualité, aux questions bioéthiques comme l’euthanasie…

                         2. Regards diachroniques et critiques du parcours démocratique en Afrique

Les luttes anti coloniales sur le continent africain ainsi que le développement du mouvement anti esclavagiste en Europe ont contribué à donner naissance dans les années 1960 aux soleils des indépendances (Kourouma, 1968) dans la plupart des pays africains au sud du Sahara. Deux réalités  politique et économique semblent avoir marqué cette période : l’émergence et la consolidation du parti unique et paradoxalement, naturellement ou de façon coercitive, l’état de relative stabilité et même de prospérité des peuples. Jusque dans les années 1980, la Côte-d’Ivoire par exemple qui a connu pendant plus de trois décennies le règne d’Houphouët-Boigny,  était citée comme pays de grande propsérité et de paix. Cependant, les facteurs cumulés de pression démographique, d’accroissement du taux d’instruction des masses qui peu à peu s’occidentalisent et de crise économique conjoncturelle vont progressivement fragiliser le système Père-Etat. Conséquemment, à la faveur du vent de l’est qui a soufflé sur le continent dans les années 1990 et sous l’impulsion du discours de la Baule, les libertés individuelles et collectives vont être consolidées et légitimées. C’est la naissance et la consécration de la démocratie. Depuis Platon dans l’antiquité jusqu’à Montesquieu à l’époque moderne, les idéologues et autres laudateurs de ce mode de gouvernance l’ont défini comme le cratos entre les mains du demos, autrement dit, le pouvoir entre les mains du peuple. Vox populi étant vox dei, c’est le peuple dans ce système qui décide de son autodétermination en se donnant des leaders à qui il confie par procuration son pouvoir. Progressivement donc, les Etats vont s’ouvrir à ce nouveau modèle de gouvernement. Mais en ouvrant une nouvelle ère dans la dialectique superstructure-masses populaires et en mettant fin aux règnes autocratiques, le système démocratique va aussi ouvrir la boîte de Pandore: révolutions de palais, coups d’Etats sanglants, assassinats extra judiciaires, rebellions, exacerbation du sentiment identitaire et instrumentalisation de l’arithmétique ethnique, presse embastillée…vont jalonner le parcours mortuaire de la démocratie. Ainsi donc la démocratie qui devait permettre aux peuples africains de faire un bon en avant va se présenter comme leur souffre-douleur. 

 Et le bilan à mi-parcours qu’on aurait pu en faire est celui que l’un des maîtres de ce système, en l’occurrence le président Nicolas Sarkozy a bien pu faire à Dakar en 2007en disant de façon quasi péremptoire, «  le drame de l’Afrique c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire… », renchérissant ce que pensait des années avant lui Jacques Chirac  « l’Afrique n’est pas assez mûre pour la démocratie ». Le pavé était jeté dans la marre. Le tollé général qu’a suscité cette critique au sein du collège des intellectuels africains, manifestement écorchés au vif, semble bien avoir confirmé ce que Senghor disait « la raison est hellène et l’émotion est nègre.. » (Senghor,1939)

Et comme pour laver l’affront, on a vite fait d’exhumer nos héros des temps épiques, de chanter leurs faits d’armes, de policer nos traditions et nos valeurs et les présenter au monde occidental comme on le ferait pour des œuvres d’arts dans des galléries ; de retrouver la vigueur et la jeunesse de notre négritude, comme si nos murs qu’on voulait montrer si épais n’étaient pas lézardés…Je fais partie des africains qui se sont sentis blessés, infantilisés, moqués par cette diatribe sarkozienne façon néo colonialiste. Mais une fois l’écume de l’ego évaporé, je me suis rendu compte qu’on a trop vite fait de se laisser enivrer par l’opium de l’orgueil au détriment de l’humilité et de la sagesse. Le tigre n’a pas besoin de crier sa "tigritude" pour autant qu’on le reconnaît et qu’il se reconnaît lui-même comme tel ! Car en effet, la sagesse veut qu’on considère non pas les flagorneries d’un ami mais les considérations fussent-elles blessantes, objectives et réelles d’un "ennemi". Car dans le fond, à l’orée du troisième millénaire,  quel est le bilan démocratique de l’Afrique ? Quel est l’impact global de la civilisation négro africaine sur la civilisation universelle ? Au rendez-vous mondial du donner et du recevoir, excepté l’offre de la logique du "demander" qu’on a érigé en vertu, du spectacle de gens qui meurent de faim et de pauvreté sur un sol riche, du spectre de la guerre endémique, de règles démocratiques qu’on ne sait qu’opportunément exploiter, qu’est-ce que l’Afrique a à donner ?  Cette préoccupation me semble primordiale !

Il n’ya pas meilleure allégorie que celle du mythe de Sisyphe pour décrire l’aventure démocratique africaine vingt ans après son entrée sur le continent : tout comme ce personnage de la cosmogonie grecque poussant inlassablement vers le sommet d’une montagne un rocher qui inéluctablement roule vers la vallée avant même que le héros n’atteigne son but, l’Afrique semble embourbée dans un perpétuel recommencement (à l’exception quand même de certains pays, malheureusement trop peu nombreux comme le Sénégal et le Ghana qui se démarquent).  

A mon avis, trois facteurs sont de véritables boulets aux pieds de l’Afrique dans son odyssée démocratique. D’abord comme tout produit ou tout projet extérieur qu’on tente d’imposer à une société exotique, il ya toujours forcément des phénomènes réactionnaires. L’Afrique souffre de son malaise d’être dans des bottes qui ne sont pas siennes. Il ne s’agit pas ici d’ergoter sur l’universalité des principes et règles démocratiques, il s’agit de débattre de leur contextualisation. On a voulu imposer un modus operandi sans tenir compte des pesanteurs culturelles, du multilinguisme et autres ténuités de la sociologie des peuples. Or il faut le reconnaître, l’homme africain aujourd’hui encore pense, agit et se détermine d’abord par son origine clanique que par une conscience nationale. Deuxième problème et non des moindres, la fébrilité de nos institutions. L’union africaine par exemple, jusqu’à l’élection récente de Mme Zuma, a depuis sa création paru une coquille vide, un simple parloir, incapable d’opérer en son sein une réelle unité et incapable d’une diplomatie offensive dans des dossiers comme celui de la Lybie où ses objections et ses réticences devant l’interventionnisme occidental ont été royalement ignorés ; or tout comme l’a affirmé le Président Obama lors de sa visite au Ghana en Juillet 2009, l’Afrique ne peut affermir ses acquis démocratiques que par des institutions fortes ; et troisièmement, le problème de ceux qui incarnent nos institutions étatique, régionale et continentale. Véritables épigones de Machiavel, certains leaders africains, s’ils ne s’accaparent pas le destin collectif des peuples pour le manufacturer en destin individuel se bornent à devenir des bras séculiers de puissances et autres multinationales uniquement soucieuses de l’exploitation de nos ressources. L’Histoire devient alors une dynamique sans fin de luttes des classes au sens marxiste du terme : la classe incarnée par des oligarques sans scrupules et celle de "prolétaires Robin-des-bois" qui, parvenus au pouvoir, se laisse phagocyter par la Realpolitik.                       

                                    3. De la nécessité du divin comme modèle de l’action politique

On me rétorquera sûrement qu’il faudra inscrire l’enracinement de la démocratie en Afrique et par ricochet la prospérité des peuples dans la durée. Soit. Mais, il ya une autre alternative à court terme : on l’a vu, la fébrilité de nos institutions et l’affairisme de ceux qui les incarnent handicapent la marche de la démocratie. Il faut donc de nouveaux acteurs, imprégnés du modèle divin pour donner à l’action politique l’action morale qui déterminera sa finalité en faveur des peuples. Des gens qui ont le sens du devoir et non de l’avoir.  Dieu est la source de l’existence des hommes, Il est la sagesse par excellence de qui provient l’inspiration de la conduite politique. L’originalité de la prospérité des peuples africains procèdera de leur rapprochement ainsi que de leurs leaders de Dieu. La démocratie offre peut-être les conditions consensuelles minimales de l’exercice du pouvoir mais seul Dieu nous donne l’amour du prochain qui fait qu’on ne peut aller jusqu’aux armes pour tuer et s’installer au pouvoir. Dans un monde de plus en plus violent et cerné de toutes parts par le terrorisme et la poussée du fondamentalisme religieux, Jésus-Christ à travers Sa Parole offre l’alternative d’un modèle de société pacifié et un modèle de gouvernance par l’exemple. En effet le leadership de Jésus reste une référence et une école politique pour la classe dirigeante africaine car son action publique en faveur des hommes commence et se termine dans l’Amour. Alors que le vocabulaire humain fait du plus grand le chef, le vocabulaire divin en fait le serviteur de tous (Mathieu 23 :11).  Au milieu de ses disciples, Jésus administre par l’exemple car Il est exempt de récriminations, de fausseté et de favoritisme. Il ne concentre pas le pouvoir et ses dons à Lui seul mais il les délègue à des disciples partageant avec Lui la vision du salut ultime des hommes. Il n’est pas le chef, il est l’ami ; il n’est pas préoccupé par son sort mais par celui des autres. Il n’est pas une vision de l’esprit, Il est Vivant et n’attend que l’Afrique et ses leaders se tournent vers Lui. Il ya un chemin pour l’Afrique vers la stabilité et la prospérité. Ce chemin est en Christ. L’Afrique parce que dernière me paraît de ce point de vue plus disposée à écouter Dieu, à se laisser imprégner de Lui, à se laisser métamorphoser  par Lui et à être Son phare dans le concert des nations. Pourvu que Afrique tu écoutes ce que te dit Dieu « voici je me tiens à la porte et je frappe, si tu entends ma Voix Afrique et que tu ouvres j’entrerai chez toi.. » Apocalypse 3 :20 et encore « Oh si tu étais attentif à Mes commandements, Ton bien-être serait comme un fleuve et ton bonheur comme les flots de la mer » Esaïe 48 :18

Hervé Coulibaly

Chrétien et Serviteur de Jésus-Christ

DEA Sociologie Economique du Développement

Doctorant en Sociologie

 

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BELIBI VirginieBELIBI Virginie, le Mar 30 Oct 2012 à 21:17:17

Je t'encourage mon frère à entrer en contact avec le prc ou parti républicain chrétien jeune parti politique existant en France dont voici l'adresse URL Http://www.prc-france.org -/-

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