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  • Dim 08 Juil 2012
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Paul Biya, les dessous d’un réveil tardif
par : AFRICAVIEW.NET

Les maîtres à penser de Paul Biya

Le Chef de l’Etat s’est enfin lancé dans la bataille du développement après un très long sommeil dû à une crise économique aiguë qui a frappé le Cameroun de plein fouet. Pour cela, il s’est inspiré des modèles étrangers, africains et asiatiques.

I- La politique au centre des préoccupations

Quand Paul Biya arrive au pouvoir le 6 novembre 1982, sa seule préoccupation est la stabilité politique et non le développement économique du Cameroun. Le contexte fait de turbulences l’y contraint, l’y pousse. En effet, Paul Biya vient de remplacer un homme à poigne, à forte personnalité, Ahmadou Ahidjo qui a passé 24 ans au pouvoir et qui a occupé des responsabilités suivantes ; Premier ministre du Cameroun oriental de 1958 à 1960 et président du Cameroun indépendant du 1er janvier 1960 au 4 novembre 1982. La plupart des ministres du premier gouvernement (6 novembre 1982) boudent Paul Biya qu’ils trouvent indigne du poste. La plupart trouvent que la Présidence de la République aurait dû aller à un homme comme Victor Ayissi Mvodo ou à Samuel Eboua. C’est par la crainte qu’inspirait Ahidjo que certaines personnalités du Grand Nord actuel vont accepter du bout des lèvres pour faire partie de ce gouvernement de l’ère Biya.

Victor Ayissi Mvodo

Il était né en 1933 comme Paul Biya. Originaire du département de la Mefou et Afamba qui a pour chef-lieu Mfou, ce Bene, élève comme Paul Biya au lycée Leclerc de Yaoundé avait obtenu son baccalauréat en 1955. Il avait préféré attendre que Paul Biya obtienne sont bac en 1956 afin que tous les deux aillent en France poursuivre leurs études supérieures. Quelle preuve d’amitié. Ayissi Mvodo et Biya étaient vraiment amis au départ mais de retour au pays, les intérêts vont les séparer quoique tous les deux vont faire partie pendant de nombreuses années du régime Ahidjo. Ayissi Mvodo décédé avant l’an 2000 ne comprenait pas pourquoi leur mentor commun Ahmadou Ahidjo lui avait préféré Biya au poste de Premier ministre de 1975 à 1982. Il était un homme à forte personnalité au tempérament et sanguin.

Il voulait se présenter à l’élection présidentielle de 1997 contre Paul Biya quand la mort l’a frappé. Il avait obtenu le ralliement d’une bonne partie des membres de l’élite et des populations béties, essentiellement les Ewondo, les Bene, les Etenga, les Eton pour battre Paul Biya. De même, il avait obtenu le soutien d’une bonne partie des originaires du Grand Nord nostalgiques du régime Ahidjo. C’est au cours d’une apparition à la Crtv-télé que les Camerounais s’étaient rappelé qu’il était toujours en vie. Et c’est au cours de cette interview qu’il avait donné des précisions sur ses ambitions présidentielles. Paul Biya qui, dit-on, serait fidèle en amitié avait nommé ce vieil ami/ennemi à la présidence du Conseil d’administration de la Société nationale d’investissement du Cameroun (Sni) où il avait un bureau. Entre autres postes occupés dans le régime Ahidjo, il avait été pendant 12 ans ministre de l’Administration territoriale. A ses obsèques, ses enfants issus de son premier mariage avec une Française qui était rentrée dans son pays étaient présents. Il a fait partie du premier gouvernement de Biya (6 novembre 1982) ainsi que du deuxième (13 avril 1983) à l’Administration territoriale.

Samuel Eboua

Né vers 1928 dans le département du Moungo, région du Littoral, ce haut commis de l’Etat avait la double confiance d’Ahidjo et de son épouse Germaine, ce qui était un rare privilège. Cette dernière le qualifiait « de sérieux, fidèle et intègre… » Lui aussi ne portait pas Biya dans son cœur. Ne raconte-t-on pas qu’un jour Ahmadou Ahidjo convoque le Premier ministre Paul Biya à la Présidence. Ce dernier s’y rend très rapidement et attend d’être reçu par Ahmadou Ahidjo. Le président Ahidjo s’impatiente et Eboua qui sait que Paul Biya est déjà là dit à Ahidjo qu’il n’est pas encore arrivé et fait un commentaire dans lequel il traite Biya de jeune homme irrespectueux et autre. Ahidjo qui est un homme d’expérience sait que les relations ne sont pas bonnes entre les deux hommes demande qu’on aille vérifier dans la salle d’attente si Paul Biya s’y trouve. Et il s’y trouve effectivement et depuis. Samuel Eboua après avoir été écarté de l’Undp dont il était l’un des membres fondateurs au profit de Bello Bouba Maïgari ministre d’Etat chargé du Tourisme et des loisirs va créer son propre parti avant sa mort. Biya l’avait nommé président du Conseil d’administration de la Regifercam, actuelle Camrail. Hormis ces deux personnalités, d’autres du Grand Nord étaient très hostiles à Paul Biya.

Bello Bouba Maïgari

Ahmadou Ahidjo l’avait imposé à Paul Biya comme Premier ministre dans son premier gouvernement du 6 novembre 1982. Il était comme la plupart des ministres du Grand Nord de ce gouvernement l’œil et les oreilles d’Ahidjo, lui rapportant tous les jours les faits et gestes du président Biya. Il sera reconduit lors du remaniement du 13 avril 1983 comme à celui du 18 juin 1983 mais sera débarqué lors de celui du 22 août 1983 au plus fort de la crise entre Ahidjo et Biya et remplacé par Luc Ayang, originaire de l’Extrême Nord, cumulativement avec ses fonctions de ministre de l’Elevage, des pêches et des Industries animales. Il convient de préciser ici que le Toupouri Luc Ayang est Premier ministre par intérim. En réalité, le vrai président du Cameroun pour Bello Bouba Maïgari n’est pas Paul Biya mais Ahmadou Ahidjo de qui il reçoit instructions et ordres. C’est ce Bello Bouba Maïgari qui, sur injonction d’Ahidjo va demander à tous les musulmans et autres ministres du Grand Nord de démissionner du gouvernement en ce mois d’août 1983 pour mettre Biya en difficulté.

Ce contexte politique houleux va faire en sorte que Paul Biya consacre toute son énergie pour faire face à la situation. Ce climat délétère va l’amener à mettre l’économie de côté et à prendre certaines décisions comme par exemple le démantèlement de l’ancienne province du Nord en trois provinces : Adamaoua, Nord et Extrême Nord après un discours sur les ondes de la Crtv au cours duquel il dénonce l’existence ou la découverte d’un complot destiné à renverser ou déstabiliser l’ordre républicain. Paul Biya n’aura pas de répit. En 1990, le retour au multipartisme qui touche tout le continent africain avec parfois des conférences souveraines nationales ne va pas épargner le Cameroun. La marche de Bamenda avec Fru Ndi et autres à sa tête, les villes mortes à Douala et dans d’autres villes du pays vont faire perdre le sommeil à Paul Biya. Il n’a pas le temps de se pencher sur l’économie qui périclite de plus en plus et le climat social est très tendu avec la fermeture, au cours de cette décennie, de nombreuses sociétés d’Etat dont beaucoup étaient des éléphants blancs. En 1996, Paul Biya promulgue une nouvelle constitution dont tous les organes ne sont pas encore mis en place. Le seront-ils un jour avant son départ du pouvoir ? Toujours est-il dit que c’est au cours des années 2000 que le chef de l’Etat commence un peu à comprendre qu’il a trop mis l’accent sur la politique et qu’il fallait s’occuper de l’économie. C’est qu’il s’est rendu compte que bien de pays à potentiel moins élevé que le Cameroun faisait des miracles économiques à l’instar du Rwanda, de la Guinée Equatoriale, des dragons du Sud-Est asiatiques, (Corée du Sud, Taïwan, Malaisie, Singapour, etc.).

Paul Biya comprend alors la mesure du retard économique pris par le Cameroun. Et c’est au cours de sa campagne pour la présidentielle qu’il développe le thème des « Grandes ambitions » aujourd’hui transformées en « Grandes réalisations ». De 2004 à 2011, les Grandes ambitions ont été un slogan creux au point où au sein même du Rdpc au pouvoir, on se demandait si le président national du parti et président de la République était un homme sérieux : il parlait mais sans rien réaliser. Les Grandes ambitions étaient le thème favori des opposants et de la presse de tous bords pour se défouler sur Biya, sur son incapacité à réaliser ou concrétiser ses promesses électorales. Vint le 3ème congrès ordinaire du Rdpc à la mi-septembre 2011 au cours duquel dans son discours de politique générale Paul Biya déclara qu’à partir de 2012, le Cameroun sera transformé en un immense chantier. Il paraît qu’il pourrait tenir parole. Alors la question que l’on peut se poser est celle de savoir d’où lui vient cette volonté politique subite qu’il n’a pas eu en près de trente ans au pouvoir ? Voici notre point de vue.

Michel Michaut Moussala

Source: Autre presse

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