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  • Lun 11 Juin 2012
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L’ENTRETIEN D’AFRICAVIEW.NET – « La CPI pourrait engager des poursuites à l'encontre de Georges Bush pour ce qui s'est passé en Irak… », selon le Juriste Rhoméo Mbadzama Awono, ex-stagiaire aux Bureaux des Procureurs de la Cpi et du Tpir.
Le Juriste et spécialiste du Contentieux International, Rhoméo Mbadzama Awono, avec la Procureure entrant de la Cpi, Mme Fatou Bensouda
par : AFRICAVIEW.NET

 

www.africaview.net - Mr Rhoméo Mbadzama Awono, pouvez-vous, svp, vous présenter à nos lecteurs ?

Mr Rhoméo Mbadzama Awono- Merci déjà de me donner l’opportunité de cet échange dans les colonnes d’AFRICAVIEW.NET. Ah ! Il est si périlleux de parler de soi. Mais il faut pourtant que je me jette à l’eau. Je suis Rhoméo Mbadzama Awono. J'ai la chance d'être Camerounais et de vivre dans cepays de paix et d'accueil. Un pays où il fait bon vivre et où je vous invite à passer des vacances dans les multiples endroits (safari, plages, parcs...) disponibles. Juriste de Carrière et Diplomate de formation à l'Institut des Relations Internationales du Cameroun (IRIC). Je suis également titulaire d'un Master II en Contentieux International. Comme mes parents, papa de regretté mémoire notamment, j'ai été enseignant pendant un certain moment de ma vie professionnelle. Par ailleurs, j'ai dans mon escarcelle un double passage dans des juridictions pénales internationales : les Bureaux des Procureurs du Tribunal pénal international pour le Rwanda (Tpir-Arusha) et de la Cour pénale internationale (Cpi-La Haye). C'est donc à un fanatique de la justice pénale internationale que vous vous adressez ce jour ! Faudrait-il aussi signaler que je suis Écrivain et Chroniqueur juridiques ?

www.africaview.net - Vous êtes juriste et voyant votre parcourt, cela se comprend que vous soyez fanatique de la justice pénale internationale. Pouvez-vous nous dire ce que vous entendez par « justice pénale internationale » ?

Mr Rhoméo Mbadzama Awono- Au-delà des préoccupations relatives aux questions de sémantique, ma compréhensionde l’expression « justice pénale internationale » est double. D’abord, et cela relève d’un truisme, c’est une justice qui contient en elle-même des éléments d’extranéité, une justice dont le ressort territorial est tout l’univers; tous les États constituant notre planète, la Terre. C’est une justice qui n’est pas « nationale » - elle relève non pas de la compétence d’un seul État, mais davantage d’un compromis entre plusieurs parties, en l’espèce, les Nations Unies.

De plus, cette expression signifie pour moi que c’est une justice différente de la parodie de Nuremberg ou de Tokyo : la justice pénale internationale actuelle dont je pense que vous faites allusion, n’est pas la justice des vainqueurs comme une opinion a tendance à le croire; en l’absence notamment des conditions de belligérance réunies dans l’espèce de la seconde guerre dite « mondiale » de 1939-1945. Bien évidemment, il est question que cette justice-là fédère les conditions premières de la justice telle que l’entend le bon sens : impartialité, impersonnalité, diligence et absence de doute raisonnable. Mais cela est un autre débat.

www.africaview.net - Qui est supposé se retrouver devant la justice pénale internationale ?

Mr Rhoméo Mbadzama Awono- Je perçois à l’évidence que vous voulez faire allusion à la nature même des justiciables des juridictions pénales internationales ; en dehors des juridictions ad hoc (Tpir, Tpiy, Tssl...), je pense notamment à la Cpi, l’unique Cour internationale permanente, qui a été créée en vue d’ouvrir des enquêtes, de poursuivre et de juger des personnes accusées d’avoir commis les crimes les plus graves touchant l’ensemble de la Communauté Internationale. En un mot comme en mille, les justiciables de la Cpi sont toutes les personnes sur lesquelles pèsent des soupçons de crimes répertoriés à l’article 5 du Statut de Rome : le crime de génocide, les crimes contre l’humanité, les crimes de guerre et le crime d’agression. Tout le monde est donc un potentiel justiciable devant la justice pénale internationale.

www.africaview.net - Les USA ne sont toujours pas État partie au Statut de Rome créant la Cpi: auriez-vous une réaction à cet effet?

Mr Rhoméo Mbadzama Awono- Il me paraît délicat de prétendre apporter une réponse à votre préoccupation. Voyez-vous, il s’agit là de la politique extérieure d’un État. Au nom de la souveraineté dont jouit chaque entité étatique, les États-Unis d’Amérique ne font pas exception à la règle de l’opportunité pour ratifier tel instrument juridique. Mais, je dois quand même ajouter que le cas des USA n’est pas unique en son genre; le Cameroun mon pays, étant encore attendu sur ce point précis. En revanche, il faut noter avec insistance que d’un point de vue systémique, la non ratification du Statut de Rome de la Cpi n’exclut d’aucune manière la compétence de cette juridiction à l’égard de tous.  L’esprit qui a motivé la création de cette juridiction étant que, personne ne puisse passer entre les mailles du filet de la justice.

Notamment par le fait que, la non adhésion à cet instrument est contournée par l’intervention du Conseil de Sécurité des Nations, qui, peut demander au Bureau du Procureur de se saisir d’une « situation » : c’est le cas de la Libye et du Darfour. Cela étant, il n’y a en réalité aucune différence qu’un pays ait ou pas ratifié le Statut, puisque en fin de compte, chaque citoyen du monde est un justiciable qui s’ignore. Invariablement de l’adhésion de son État audit  Statut!

www.africaview.net - Est-ce à dire que le citoyen Américain est justiciable au même titre que le citoyen d'un pays qui a ratifié ? La CPI peut-elle dans ce cas engager des poursuites à l'encontre de  Georges Bush  pour ce qui s'est passé en Irak?

Au vu de l'instrument juridique fondateur de la Cpi, je l'affirme! Et d'ailleurs, cela est une lapalissade même pour les juristes débutants! Si les conditions de compétence de la Cpi sont réunies, cela est possible! Les faits devraient s'être déroulés après l'entrée en vigueur du Statut de Rome, le 1er Juillet 2002. Soit l'Irak a "renvoyé" cette "situation" devant la Cpi, soit le Procureur de la Cpi s'est saisi de l'affaire "in proprio muto", ou alors le Conseil de Sécurité a demandé au Procureur de la Cpi de diligenter des enquêtes à propos de cette "situation" ; et de voir s'il y a une "base raisonnable" justifiant une éventuelle poursuite du Président Bush! Vous voyez que tout est question de principes et de leur application!

www.africaview.net - Quelle expérience retenez-vous de votre passage au Tpir-Arusha ?

Mr Rhoméo Mbadzama Awono- Mon passage au Tpir-Arusha m’a permis de repousser très loin mes limites académiques. En me confrontant aux réalités juridiques et judiciaires du Tribunal de céans, j’ai pu mesurer la portée efficace de la volonté commune à tordre le cou aux atrocités de l’Afrique moderne. Ensemble, tout devient possible. Ma formation de juriste s’est trouvée renforcée, confortée même par ce que j’ai vu, ce que j’ai fait. Vous comprendrez alors que je ne puisse pas aller plus loin que ce que je viens de dire; compte tenu de mes obligations de réserve et des contrats de confidentialité me liant aux Nations Unions ! De toutes les façons, ce détour par-là, m’a apporté beaucoup en termes d’acquis nouveaux. C’est ici que j’ai été façonné définitivement à la « justice pénale internationale ».

www.africaview.net - Que conseillez-vous aux Camerounais en particulier et aux Africains en général après votre passage d’abord au Rwanda et ensuite à La Haye ? 

Mr Rhoméo Mbadzama Awono- Je me suis rendu à Kigali…au Rwanda à l’occasion d’une mission avec le Bureau du Procureur du Tpir. J’ai vu là-bas que l’Homme était capable d’inventivité assassine jusqu’ici inégalée ! Aucun mot ne saurait traduire et relayer ce spectacle d’horreur, de créativité dans la manière de tuer, d’ôter la vie à ses semblables ! Le Bon Dieu a certainement été surpris par autant de suites dans les idées des génocidaires, des assassins, des bandits de la vie au Rwanda. À cela, il faut tirer les leçons de l’histoire pour les Camerounais, mes compatriotes. Nous jouissons d’une paix incontestable dans notre pays. À nous de la préserver en tournant le dos aux sirènes et en renvoyant systématiquement les visiteurs de minuit. Pour s’en convaincre, il suffit de visiter un de ces pays en conflits pour évaluer les dégâts, les atrocités et la démesure cruelle des agissements humains.

Après mon séjour à La Cpi-La Haye, je dirai aux frères et aux sœurs du Cameroun que, rien n’est plus comme avant; que personne ne peut plus échapper à la justice pénale internationale. Une fois qu’un dirigeant entre dans la critériologie des criminels de l’article 5 du Statut de Rome, le caractère imprescriptible de ces crimes rend éternel la poursuite contre les truands des droits de l’Homme. Il n’y a qu’à voir dans quel inconfort, quelles incertitudes vivent ceux contre lesquels des mandats d’arrêt ont été émis par la Cpi ! Des rats d’égout ont meilleure presse à côté de ces fugitifs de luxe.

Aux Camerounais et aux Africains, je leur conseille de cultiver les vertus du dialogue, du débat et non de la guerre, de la tolérance à partir même de l’école maternelle, lieu par excellence où la personnalité se forge. Les cours, les enseignements de droits humanitaires sont à intégrer à partir du secondaire pour une meilleure compréhension de ce qu’est le respect des droits de l’Homme. Car, à bien y regarder, c’est du respect des droits fondamentaux qu’il s’agit dans toute cette histoire de justice pénale internationale ! N’est-ce pas ?

www.africaview.net - La CPI aujourd’hui est sur toutes les lèvres pour la raison que vous connaissez sûrement. Le Président ivoirien Laurent Gbagbo s’y trouve après sa chute du pouvoir le 11 Avril 2011. Que pensez-vous en tant que juriste d’un tel transfèrement et surtout en tant que quelqu’un qui connait bien les Bureaux du Procureur de la CPI ?

Mr Rhoméo Mbadzama Awono- La situation dramatique que la Côte d’Ivoire a connue est regrettable du point de vue des questions relatives aux dérives humanitaires. Mon statut de juriste à l’heure actuelle ne saurait faire autorité, mais c’est tout comme. Même si je dois me convaincre de décevoir certains de vos lecteurs, je me suis défait depuis belle lurette du fanatisme de mes prises de position partisane, pour regarder ce que les instruments juridiques prévoient.

Alors, à la suite d’une dispute électorale, des atteintes graves aux droits fondamentaux ont été commises. Au vu de cette situation et en rapport avec le mandat qui est le sien, le Bureau du Procureur de la Cpi a reçu et a analysé les informations sur les crimes qui auraient été commis et relevant de la compétence de la Cour. Le Bureau a en son sein, dois-je le rappeler, un personnel hautement professionnel; ce sont des experts chacun dans le domaine qui est le sien. Une analyse de la situation a donc été faite, et il a été décidé compte tenu des éléments à charge et à décharge, qu’il existait une « base raisonnable » pour ouvrir une enquête sur les crimes commis dans ce pays. Afin de traduire les auteurs devant la Cour pénale internationale.

Le justiciable, Laurent Gbagbo, auquel vous faîtes allusion a été transféré conformément à des dispositions légales. Je dois me plier à vous faire un petit rappel méthodologique sur l’activité de la Cpi, et particulièrement du Bureau du Procureur. Pour opérer utilement, le Procureur de la Cpi peut en effet être saisi de deux manières. On parlera alors de « renvoi d’une situation ». Le Procureur de la Cpi peut d’abord se saisir d’une affaire après qu’elle a été renvoyée par un État partie au Statut de Rome (article 14 dudit Statut).

Et contrairement à l’idée répandue par l’adversité païenne de la Cpi, ce sont les pays africains de leur propre chef qui ont saisi la Cpi à cet effet. C’est notamment le cas de la RCA, de la RDC et de l’Ouganda. Le dernier pays africain en date à renvoyer une situation à la Cour, est la Côte d’Ivoire (ce pays n’est pas encore partie au Statut de Rome de la Cpi. Mais il a accepté la compétence de la Cour conformément à l’article 12 (b), 3 du Statut de Rome).

Ensuite, par le Conseil de Sécurité des Nations Unies. Cette saisine s’effectue en vertu du Chapitre 7 de la Charte des Nations Unies. Conformément à cette disposition onusienne, lorsqu’il existe une menace contre la paix et la sécurité internationales, ou un acte d’agression, le Conseil de Sécurité prend ses responsabilités Ad omnes casus.Ce fut notamment le cas des Résolutions 1593 en date du 31 mars 2005 du Conseil de Sécurité pour la situation du Darfour (au Soudan), et celle 1970 du 26 février 2011 pour la situation en Libye. Il n’est donc pas vrai et juste, à mon sens comme au bon sens, jusqu’ici, d’affirmer que le Procureur de la Cpi ne manifeste son zèle qu’à l’égard du continent africain. Afrique pour laquelle, il faut le déplorer du reste, des situations de chaos humanitaires existent pourtant !

Toutefois, et autre hypothèse de saisine, le Procureur est aussi habilité à se saisir de sa propre initiative et ainsi d’ouvrir une enquête. Il s’agit de déballer une enquête proprio motu (article 15 Statut de Rome). Le Procureur devrait en l’espèce disposer d’informations fiables, techniquement appelées « communications », et mettant en cause des ressortissants d’un État partie ou d’un État qui a accepté la compétence de la Cour ; ou des actes commis sur le territoire d’un de ces États ; et s’il conclut qu’il existe une « base raisonnable » pour engager une enquête. Il est à noter également que ces « communications »  pourraient provenir de particuliers, d’organisations intergouvernementales ou non gouvernementales, ou même de toute autre source fiable. Et le Procureur doit cependant et au préalable recevoir l’autorisation des juges de la Chambre Préliminaire avant d’entamer proprio motu une enquête.

À mon humble avis, le justiciable Laurent Gbagbo est à la Cpi conformément à toutes ces dispositions textuelles, légales. Juriste de mon état, faisant fi par ailleurs de ma formation de Diplomate, au vu de ma parfaite connaissance du Bureau du Procureur de la Cpi, j’affirme que cet organe mérite qu’on lui fasse une confiance à la mesure de ses ambitions. Celle d’incarner la quiétude même de l’humanité entière ! Et c’est peu dire venant de moi.

www.africaview.net - En tant que fanatique de la Justice pénale internationale et titulaire d’un Masters II en Contentieux International, pensez-vous que le Président Gbagbo devrait se retrouver seul devant les juges de La Haye ?

Mr Rhoméo Mbadzama Awono- À mon avis, je suggère que l’on respecte certains principes cardinaux de la vie judiciaire. Parmi lesquels la confiance en la justice et à ceux qui sont chargés de rendre cette justice. Évitons de faire valoir à tout prix nos états d’âme. Laissons la procédure suivre son cours et attendons de voir ce que la patience des uns et des autres va donner. Vous devez savoir que la Cpi est une machine judiciaire dont l’impartialité ne fait aucun doute; si je m’en tiens aux déclarations du Procureur sortant de la Cpi, Luis Moreno Ocampo, « l’étude de la situation concerne toutes les parties au conflit en Côte d’Ivoire ». Le cas de M. Gbagbo ne pourrait donc pas être unique ! Je suis convaincu que dans cette procédure beaucoup seront surpris, dans un camp comme dans l’autre…

www.africaview.net - En tant que juriste et connaissant bien les bureaux de la CPI pour y avoir été comme stagiaire, pensez-vous que le Président Laurent Gbagbo sera libéré le 18 Juin prochain, comme le souhaitent ses partisans, les nombreux patriotes et panafricanistes souverainistes à travers le monde

Mr Rhoméo Mbadzama Awono- Permettez que j’apporte une précision initiale ici. C’est au Bureau du Procureur de la Cpi que j’ai passé un merveilleux stage dont les bénéfices me sont incommensurables ! Je pourrais donc affirmer « connaître » ses bureaux uniquement et non pas tous ceux de la Cpi : c’est trop grand, c’est vaste au propre comme au figuré. Mais, la maîtrise du fonctionnement de la Cpi ne saurait m’échapper. C’est pourquoi, relativement à votre question, le procès du prévenu Gbagbo est à ses débuts. La loi (pénale) est générale et impersonnelle ; le fonctionnement de la justice ne s’accommode pas d’états d’âme, de clubs partisans, de clubs de vainqueurs ou de perdants, ou même de fanatiques. Je voudrais dire que les bruits de bottes de part et d’autre ne sauraient émouvoir le Juge de la Cpi. Lui qui n’a que la loi et sa conscience comme lignes directrices dans la prise des décisions. Je pense que nous ne perdons rien à attendre.

www.africaview.net - Vous êtes écrivain M. Rhoméo Mbadzama Awono, pouvez-vous situez nos lecteurs sur les genres littéraires qui sont les vôtres et les thèmes que vous abordez ?

Mr Rhoméo Mbadzama Awono- J’ai en chantier des romans, quelques fois je rends visite à la Muse ! Mais mon terrain de prédilection reste la littérature juridique et judiciaire dont j’abreuverai mes lecteurs avec régularité bientôt. Je me suis promis deux parutions par année et bientôt vous verrez des titres en tête de gondole des bonnes librairies. À cela, il faudrait également ajouter la rédaction des articles.

Les thèmes que j’aborde sont ciblés :le quotidien de tout le monde, le respect des lois, les sujets relatifs à la réconciliation post conflictuelle, la justice pénale internationale, les mœurs, les déviances, la bonne gouvernance etc.

www.africaview.net - Quel genre de message véhiculent vos chroniques juridiques ? La promotion de la justice pénale internationale  n’est-ce pas?

Mr Rhoméo Mbadzama Awono- Bien évidemment, mes chroniques charrient d’abord ma conception de la justice et des divers instruments qui conditionnent l’entretien des droits fondamentaux !  Il en ressort également des messages sous formes d’éclairages juridiques sur tel pan du droit, à dessein de le mettre à la compréhension des néophytes, c’est-à- dire ceux qui n’ont pas eu l’occasion de suivre le chemin des complexités des sciences judiciaires, côté justice pénale, nationale et internationale.

La chronique dont je suis particulièrement fier est celle que j’ai écrite à la suite de l’incidence de préséances survenue aux obsèques de Pius Njawé :De l’ordre de la prise de parole en public ! En revanche, je n’irai pas aussi loin que vous, à penser que je puisse promouvoir la justice pénale internationale ; je n’ai ni le don, ni la procuration nécessaire d’un tel exercice. Toutefois, j’ai un devoir moral de participer aux débats des sujets inhérents à l’amélioration de mes sociologies.  Le mal, la vulgarité, la brutalité sont parfois si peu attentives à l’humanité des autres, qu’il serait suicidaire de se taire.Si je peux donc dans mes chroniques essayer de réfléchir à la pertinence des modes d’amélioration de l’espace vital, tant mieux !

www.africaview.net - M. Rhoméo Mbadzama Awono, je ne vais pas nier la chance que vous avez d’être Camerounais. Cependant, pensez-vous que c’est aussi une chance pour les Camerounais d’avoir un Président qui est resté au Pouvoir pendant plusieurs décennies; sans donner la chance aux autres d’occuper le fauteuil Présidentiel,  qui apparemment est devenu le fauteuil familial des Biya ?

Mr Rhoméo Mbadzama Awono- Le monde est plein de dirigeants à la longévité établie au pouvoir ! C’est notamment le cas des présidents Félix Houphouët-Boigny, Hosni Moubarak, Ben Ali, Omar Bongo, Blaise Compaoré, Mathieu Kérékou, Gnassimbé Eyadéma, Sédar Senghor, Mobutu, Obiang Nguéma Bazogo, Moussa Traoré, Idriss Déby Itno, etc. Permettez que je ne m’y attarde pas outre mesure. Est-ce une déviation professionnelle que je campe sur mon métier de juriste pour vous répondre ? Jusqu’ici, le Cameroun n’est pas une monarchie. La dévolution du pouvoir est constitutionnelle et se matérialise par la voie suprême des élections. Qu’il y ait des contestations, cela est prévu par notre code électoral, et les mécanismes de règlement de ces différends élaborent les différentes voies de sortie.

Si le Cameroun n’a pas une opposition structurée, organisée et ambitieuse, à qui voulez-vous que cette situation profite, si ce n’est qu’au timonier actuel ?  Le pouvoir se conserve sous tous les cieux ! À ce que je sache, et le président Biya ne fait pas l’exception en la matière. Le président Sarkozy, battu récemment en sait quelque chose; son célèbre cri de compagne : « Aidez-moi ! » est ancré désormais dans l’histoire.

Je dois également vous dire qu’il n’y a pas de modèle de démocratie, objet d’importation. Chaque nation en conçoit le spécimen propre à promouvoir l’épanouissement des siens. Et c’est le cas de mon pays, le Cameroun. Nous sortons de loin, ne l’oubliez pas. Nous sortons d’une époque, d’un autre régime, où les infractions étaient politiques, les prisons politiques, où il fallait entrer dans le maquis pour s’exprimer. Aujourd’hui, la liberté d’expression est effective (presse écrite à grands tirages, radios et télévisions privées à fortes audiences), le multipartisme est intégral (plus de 300 partis politiques), le suffrage universel existe et le pouvoir s’exerce par les trois canaux connus : Exécutif, Judiciaire, Législatif. Que demander de plus !

Au Cameroun, vous devez le savoir, la distribution des postes s’effectue selon un principe administratif basé sur l’équilibre régional : toutes les couches du pays sont représentées dans les sphères de décision selon un quota déterminé. Et cela demeure encore inchangé. Je ne vois pas un seul cas pouvant me conforter dans l’affirmation que le pouvoir est familial au Cameroun. Ou qu’on puisse parler de « fauteuil familial Biya ».

Regardons autour du Cameroun et faisons le bilan des instabilités qui réduisent à néant les nombreux efforts consentis au développement. Avec toutes ces guerres, ces rebellions à répétition, ces crimes de toutes sortes avec leur lot de déstructuration sociale. Vous verrez que nous devons notre bien-être à la sagesse de nos dirigeants, et nous devons nous en réjouir.

www.africaview.net - Quelle chance a la démocratie camerounaise à votre avis ?

Mr Rhoméo Mbadzama Awono- La démocratie au Cameroun a évolué dans le bon sens et les repères sont visibles par certains éléments d’identification. Comme je vous l’ai évoqué tout à l’heure en termes voilés, le Cameroun a connu la dictature pure et dure sous le précédent régime. De nos jours, l’évolution est perceptible, et les livres d’histoire sont consultables. Des témoins vivants peuvent vous éclairer mieux que moi. Je vis au Cameroun, et il n y a pas deux Cameroun. Tout n’est pas parfait, bien sûr ! Des choses restent à améliorer. Certes, les inégalités sont naturelles, et notre pays n’invente pas la poudre. Ces inégalités, il faut les réduire. Et c’est ensemble, tous, debout comme un seul Homme qu’on va y arriver. C’est au Cameroun de forger son destin, c’est aux camerounais de prendre en main leur destinée commune. Ce noble combat ne doit pas se passer dans les Chancelleries occidentales, pas ailleurs autre qu’au Berceau de nos Ancêtres !

En termes de démocratie, vous le voyez que le Cameroun n’est pas mal loti, je dois vous rassurer. Et je vous invite à venir au Cameroun témoigner de ce que je vous dis, je vous invite à éviter de vous contenter des plaintes toutes faites de ceux qui se sont soudainement découverts une virginité politique embarrassante. En tout état de cause, chaque troupeau a dans ses rangs des brebis galeuses !

www.africaview.net - Parlant de la réconciliation post conflictuelle, que conseillez-vous aux Africains qui ont connu des conflits et qui ont besoin de se réconcilier ? Y-a-t-il une recette appropriée pour réconcilier les peuples qui ont été en conflit ?

Mr Rhoméo Mbadzama Awono- Vous me donnez l’occasion de rappeler le titre de l’ouvrage que je viens de commettre aux Éditions Universitaires Européennes : « La Commission Vérité et Réconciliation : contexte Sud-africain post conflictuel ». J’aborde cet aspect de la question dans mon livre. En réalité, pour se réconcilier, il ne s’agit pas de favoriser la prime à l’impunité comme cela a été le cas en Afrique du Sud. La bonne recette, pour reprendre votre mot, est que pour ce qui concerne les crimes les plus graves touchant l’humanité entière, les présumés coupables puissent passer devant les juridictions compétentes : c’est le meilleur moyen de rendre justice. Je vous invite à plus de détails et de précisions dans mon ouvrage. Mais, la guerre et les autres formes de conflits sont à redouter autant que possible; Ce sont des vecteurs de malheurs aux conséquences multiples. Il est donc préférable de favoriser le dialogue, le compromis, la persuasion par les idées ; tous, sources d’apaisement.

www.africaview.net - M. Rhoméo Mbadzama Awono, nous n’allons pas abuser de votre temps; nous voudrions bien continuer à recevoir vos éclairages juridiques (parfois difficiles à accepter,) mais ça sera pour une prochaine fois. Avez-vous ici un dernier mot pour nos lecteurs ?

Mr Rhoméo Mbadzama Awono- Je vous remercie encore de l’opportunité qui m’a été donnée de dire un mot sur l’actualité pénale internationale. Je voudrais également m’excuser de vous avoir choquée dans certaines de mes réponses! Néanmoins, je compte sur vous, au nom de la démocratie et le souci d’éclairer nos peuples, pour les transmettre aussi fidèlement ! J’espère aussi avoir comblé vos attentes en rapport avec mon pays le Cameroun en particulier, et l’Afrique en général. Je reste à votre entière disposition, autant que mes obligations de consultance me le permettront, pour vous apporter ma modeste contribution à l'amélioration de la qualité du débat dans la Cité, mais aussi pour d’éventuelles clarifications à cet échange. L'honneur était le mien de m'exprimer dans vos colonnes! Que vos lecteurs soient donc rassurés: on est ensemble

www.africaview.net - Merci Mr Rhoméo pour cette formation juridique que vous venez de nous donner.

Mr Rhoméo Mbadzama Awono– Je vous en prie chère Madame, c'était un plaisir pour moi.

Interview réalisée: par Marie-David Houphouët / le 11 Juin 2012

Source: AFRICAVIEW MAGAZINE / AFRICAVIEW to VALORISE AFRICA!

  • Lun 11 Juin 2012
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9 Commentaire(s)

FadiFadi, le Dim 23 Déc 2012 23:31:59

dit :Euh, elghinn, j'ai aucun scuios du tout, et je suis en 1024*600 sur un EEEPC d'un pote, le0.Le menu inutilisable sans JS hmmm, c'est juste qu'il se plie/de9plie pas. Donc paf, il est plus cache9 par de9faut nulle part, et hop, scuios re9gle9.Enfin, quand e0 remettre l'ancien the8me, non ! Je l'aimais pas, je le mettais faute d'avoir un truc qui me botte. C'est pareil pour celui le0, il me botte pas mais plus colore9 que l'ancien, et j'avais envie de couleur. Cela dit t'as le droit de me proposer des the8mes WordPress, si t'es pas content

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