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L'Algérie passe professionnelle

Pour la première fois de son histoire, le championnat national de football s’engage dans la voie du professionnalisme. Mais l’éligibilité des clubs est soumise à un cahier des charges drastique.

Il y avait l’Égypte et la Tunisie voisine, dont les championnats professionnels figurent parmi les trente-cinq meilleurs au monde, selon l’International Federation of Football History & Statistics (IFFHS). Leurs histoires respectives sont d’ailleurs jalonnées d’une multitude de titres continentaux, au point que les deux pays sont érigés en modèles en Afrique. Aujourd’hui, l’Algérie, où le ballon rond est une passion nationale, a décidé à son tour de franchir le pas et de s’engager dans la voie du professionnalisme.

L’USM Alger, première championne de l’Algérie indépendante, en 1963, fait toujours partie de l’élite footballistique du pays. Et le club de la capitale, comme les quinze autres clubs de la Division 1 (la Division 2, également professionnelle, compte aussi seize équipes), a pris le chemin de ce qui apparaît comme une petite révolution dans le fonctionnement du football algérien. Mais le ticket d’entrée délivré par la Fédération algérienne de football (FAF) et la Ligue nationale de football (LNF) est soumis à un cahier des charges contraignant ; notamment en ce qui concerne le statut des clubs, désormais obligés de se constituer en Société sportive par actions (SSPA). « Nous étions pressés de passer au professionnalisme, parce que le championnat était un peu entre deux chaises, mi-amateur mi-pro », explique Boualem Tiab, président de la JSM Béjaïa (JSMB).

Exit les omniprésidents

Avec cette mise en conformité exigée par le binôme FAF-LNF, les présidents, longtemps tout-puissants, doivent désormais laisser une partie du capital de la société aux actionnaires. « J’étais président du club depuis vingt ans, explique Boualem Tiab, qui dirige une grosse entreprise de céramique et dont le père fut l’un des fondateurs de la JSMB avant d’en prendre la présidence. À moi seul, je mettais environ 60 % du budget. Avec cette réforme, j’ai été élu par un conseil d’administration. Puis nous avons constitué un tour de table avec des actionnaires. Aujourd’hui, nous sommes quatre et détenons chacun 25 % du capital constitué, soit 200 millions de dinars [2 millions d’euros, NDLR]. »

La volonté des instances dirigeantes de rompre avec certaines pratiques douteuses en matière de salaires des joueurs s’est traduite par une mesure drastique : obliger les trente-deux clubs professionnels à fournir tous les trois mois à la future Ligue professionnelle des déclarations de cotisations des joueurs à la Caisse des assurances sociales. Et les réfractaires risquent gros, puisqu’un retrait de points et une rétrogradation en fin de saison sont prévus par le nouveau règlement. « Il faut savoir qu’en Algérie, rappelle Tiab, les joueurs préfèrent toucher leur salaire en liquide. Par exemple, celui qui perçoit 10 millions de dinars par an demandait entre 50 % et 70 % en cash à la signature. Et cela obligeait les clubs à trouver beaucoup de liquide, ce qui n’est pas simple. À la JSMB, dont le budget pour la saison 2010-2011 est de 250 millions de dinars, nous avons donc ouvert des comptes à tous nos joueurs. Ils seront payés par virement bancaire tous les mois. Il était temps d’en finir avec ces mauvaises habitudes. » Et pour défendre leurs intérêts, les joueurs ont obtenu la création d’un syndicat qui sera piloté par Ali Fergani, ancien milieu de terrain des Fennecs, devenu plus tard sélectionneur.

Coup de pouce de l’État

Mais les exigences du cahier des charges et certaines dispositions inquiètent les dirigeants. Comme celles qui imposent à chaque club de disposer d’un stade d’une capacité de 10 000 places et d’un centre de formation. El-Harrach, Hussein-Dey et El-Khroub devront ainsi mettre leur stade en conformité. L’État s’est engagé par ailleurs à leur vendre des terrains à des tarifs préférentiels afin qu’ils puissent y ériger leur centre de formation. « Cela va prendre du temps de mettre les stades en conformité et de construire les centres. Parce que cela coûte cher, insiste Tiab. Mais je suis favorable aux centres de formation, car quand je discute avec Djamel Menad, mon entraîneur, il me dit qu’il est plus facile de travailler avec des Franco-Algériens formés en France qu’avec des locaux. Parce que les premiers ont des réflexes professionnels, comme par exemple arriver à l’heure à l’entraînement, où ils sont beaucoup plus réceptifs. »

L’État va suivre avec un vif intérêt le lancement du championnat professionnel, d’autant qu’il s’est investi moralement mais aussi financièrement dans cette inévitable évolution en accordant à chacun des clubs pros constitués en société un prêt de 100 millions de dinars à un taux préférentiel. Mais il saura aussi se montrer intraitable avec ceux qui ne joueraient pas le jeu…

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